HADOPI Censurée [MAJ]

[MAJ : Albanel a réagi. Et malheureusement, ce n'était pas pour démissionner... Source]

Une petite brève au passage, pour fêter cet événement : la loi HADOPI vient en effet de se faire censurer par le Conseil Constitutionnel.

La loi HADOPI, pour ceux du fond, c’est celle qui visait à lutter contre le piratage, en permettant de couper l’accès internet de quelqu’un, après avoir autorisé à surveiller ses connexions, et qui rendait les FAI responsables de l’utilisation faite de leurs services en les obligeant à transmettre les coordonnées cachées derrière les IP des utilisateurs. Une belle merde, quoi, et une belle attaque contre la vie privée, bien défendue, pour le coup, par le Conseil Constitutionnel.

Vu là : http://www.mac4ever.com/news/45165/france_la_loi_hadopi_censuree_par_le_conseil_constitutionnel_maj/

Avec tous les liens qu’il faut dedans.

On attend plus que LOPPSI 2

DADVSI et HADOPI ne suffisaient pas, voici le petit frère, LOPPSI (2) !

Qui a dit qu’une dictature n’était plus possible en France ?

Malheureusement, moi. Mais au vu des événements, et des lois qui passent en force, et même des lois tout court, on peut se poser la question. Voire même craindre la réponse.

Un article du Monde.fr présente la nouvelle loi Loppsi 2ème du nom, après celle de 2002.

Je vous résume l’idée : sans aucun contrôle, les flics pourront installer des mouchards directement via le réseau, qui pourront enregistrer et transmettre sans l’accord de l’utilisateur les données affichées ou saisies sur l’ordinateur. Un bon vieux cheval de Troie, mais légal.

De plus (parce que non, ce serait trop simple, là, trop peu de dérives sont possibles…), un fichier nommé « Périclès » va être créé, regroupant, toujours sous couvert de lutte contre la cybercriminalité (il faut bien trouver du miel lubrifiant pour faire passer le truc). Et ce fichier, tenez-vous bien, regroupe toutes les informations personnelles d’un citoyen : géolocalisation grâce à internet, cartes grises, factures, activités internet, etc. Si si.

C’est écrit (reproduit ci-dessous), avec plein d’autres trucs tout aussi réjouissants.

Un site (plutôt pas content de la loi…) regroupe toute l’actualité autour de cette loi : http://www.loppsi.fr/

Donc concrètement, même si on peut arguer que les solutions techniques sont —peut-être— loin d’être prêtes, mieux vaut débrancher ses ordinateurs du réseau, et sortir de la matrice. Revenez au bon vieux courrier postal. Ou regardez des solutions payantes de proxy qui permettent de naviguer assez anonymement, ou encore des systèmes comme Tor (que je ne connais pas mais qui parait prometteur).

Peut-être que ce sera la loi qui sonnera la mort du web, né d’un idéal de liberté pour tous. Encore une fois, tous les citoyens payent pour certaines dérives. Ou plutôt, encore une fois, le gouvernement utilise certaines dérives pour mieux justifier un arsenal répressif de plus en plus contraignant et dangereux pour les libertés individuelles.

Qui parlait de dictature ?

Humiliation et crustacés

Je suis ecœuré. Ecœuré par tant de mauvaise foi, de bêtise, et surtout tant de manipulation et de condescendance.

Humiliation ultime, Pécresse (le crustacé), après avoir royalement snobbé le mouvement étudiant en l’ignorant (annonces d’argent supplémentaire pour rénover certains campus : rien à voir ! ou comment détourner le débat), annonce, à l’heure du début de pourrissement du mouvement (forcément, au bout de 4 mois…) qu’elle est prête à « aider la petite dizaine d’universités encore bloquées » à organiser la fin du semestre.

Humiliation de la part de ce gouvernement, si fier de lui.

Refuser tout dialogue et imposer des mesures que l’immense majorité des gens réprouvent, humilier les personnes concernées (ça c’est sarko). Sadisme ultime face à une mobilisation tristement vaine, tant le gouvernement ne montre ni raison, ni pitié, ni aucun autre sentiment humain.

Mais, pardon, je ne parle que pour l’éducation, bien sûr. Pas la médecine : ça, c’est important. Et puis, il y a de l’argent et des vies en jeu. Alors, réformer et casser le mouvement, oui, mais on n’envoie pas les CRS à leurs manifs (alors que contre les étudiants, c’est un plaisir), et on ne les humilie pas en conférence de presse.

Des réformes qui s’enchainent, d’années en années… « Ouais vous êtes vraiment chiant, un mouvement par an, vous tuez l’université au lieu de la sauver ! » : oui et non. C’est un fait incontestable, en effet, que les mouvements s’enchainent. Mais à qui la faute ? Ou plutôt, à qui la responsabilité (puisque quelque chose de délibéré à ce point n’est même plus une « faute ») ? Je pencherais plutôt du côté du gouvernement, qui asphyxie l’université en la tranformant à outrance, plutôt que du côté des étudiants qui font ce qu’ils peuvent pour sauver un idéal. Même s’ils ne s’y prennent pas toujours très bien, voire même plutôt mal.

Des réformes sont probablement nécessaires. Le débat n’est même pas là. Pour survivre, l’université doit s’adapter et se transformer. Mais pas dans l’humiliation de réformes imposées, et troquant un idéal de formation et d’élévation intellectuelle de tous contre une logique de rentabilité toute libérale. C’est le même souci dans la médecine. Notre président libéralise à tout va (et à tout prix), en utilisant une technique simple, mais simple … : on pourrit l’élément à détruire, via des baisses drastiques de financement, etc. Puis, comme le service public ne fonctionne plus : « oh bah le peuple en a marre que ça ne fonctionne pas : réformons. » Mal, de préférence.

Et même si certains abusent du système (comme toujours), est-ce une raison pour retirer la possibilité d’étudier pour tous ?

Non au démantèlement du service public. Non au libéralisme à outrance.
La concurrence n’est pas toujours positive, surtout quand elle se base sur un postulat de départ faux (l’université et les gens qui y travaillent ne seraient pas efficaces). Et surtout dans ces domaines sensibles. Ni dans l’aide aux étrangers en situation irrégulière, mais c’est une autre histoire…

Tenterait-on de calmer le jeu ?

Oui, je sais, « on est un con ».

Mais en l’occurence, il importe de se demander si le gouvernement ne tenterait pas un tant soit peu de calmer le jeu, à la veille d’un 1er mai unitaire et, donc, potentiellement assez massif.

Bon, déjà, les médias essaient de faire passer le message que « le mouvement s’essouffle », vous « devez en avoir marre de tout ça », etc.

Mais aussi, et surtout, plein de petites mesurettes, en cascade ces derniers jours : report d’une partie de la réforme des hôpitaux, 260M€ débloqués pour la rénovation « urgente » de 9 campus jugés « méritants » par Valérie Pécresse, not’ bonne minist’ (ah tiens, finalement, on en trouve encore, du fric…), réforme de la rémunération des stages, etc…

Plein de mesures, qui ne font que décaler le problème mais qui témoignent d’une tentative maladroite et somme toute assez minable (encore plus si ça fonctionne) de faire passer la pilule (en disant simplement « on va le faire plus tard » !!!).

Le tout à conjuguer par une campagne de pub propagande dans certains journaux, notamment le 20 minutes. J’espère que c’est décompté dans la campagne pour les européennes… C’est sûrement pour ça que c’est signé du Premier Ministre.

Vous avez sûrement vu ces pubs, c’est la deuxième campagne de ce genre depuis le début de l’année, mais là, à l’approche du 1er mai, c’est tous les jours dans le 20′. Exemples pour ceux qui les auraient ratées…

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Dans le 20 Minutes d’aujourd’hui.

Sans aller jusqu’à dire que le gouvernement craint le 1er mai, je pense qu’il y a un coup à jouer. J’espère.

Il faut continuer, fédérer les luttes. Il ne faut pas lâcher maintenant ! Salariés demain, si les fonctionnaires hospitaliers s’y joignent, et les étudiants, ça s’appelle la convergence des luttes, et c’est une des seules choses que peut réellement craindre le gouvernement.

Contrairement à un discours répandu du côté des néo-libéraux, « les français » ne craignent pas « le changement ». C’est trop facile de dire ça.
Nous craignons, et je refuse que, sous couvert d’un pseudo-changement qui consiste à faire rentrer les choses dans un moule existant de longue date (où est donc le changement ?), « on » fasse passer des réformes mauvaises (Universités, Hôpitaux, …) et liberticides (HADOPI, Sans-papiers…).

Mais arrêter maintenant, c’est abandonner.