La PAC moins oPAC !
Ca y est, la Politique Agricole Commune, symbole européen s’il en est, change. Enfin ! Devrait-on dire. Malgré les réticences très fortes des céréaliers embourgeoisés (notamment de la plaine beauceronne, mon berceau, que dis-je, ma terre natale…), la PAC est maintenant transparente. Dans une certaine mesure.
Disons qu’au moins, on sait quelle exploitation touche quoi. On ne sait pas encore QUI touche quoi. Mais ça viendra, ça viendra… C’est déjà énorme. Une mini-révolution.
Qui ne vient d’ailleurs pas seule : la PAC est maintenant en partie redistribuée. Moins pour les céréaliers (qui seront en contrepartie indemnisés en cas de retournement du marché) et plus pour les éleveurs, les petites exploitations et le “bio”.
J’en connais qui vont être content ! Il est enfin reconnu que cette agriculture extensive, qui tuait littéralement les petites exploitations et, de facto, était également néfaste, plus ou moins directement, pour l’environnement, et qui n’avait pour seul bénéfice d’avoir des surplus totalement considérables (et des inégalités entre agriculteurs plus que flagrantes) n’est plus d’actualité… Même à demi-mots, c’est une évolution bienvenue. L’agriculture française, ou du moins les politiques agricoles françaises, s’étaient enfoncé dans une logique productiviste et conservatiste (bien que progressiste à l’époque, mais dans le mauvais sens du terme) du plus mauvais effet.
Ce n’est peut-être pas encore assez pour arriver à une agriculture saine dans tout les sens du terme (équitable et juste pour les agriculteurs, respectueuse des terroirs et de l’environnement, et qualitativement supérieure), mais c’est un premier pas. La France a encore fort à faire dans le domaine de l’agriculture, mais, contrairement à d’habitude, le premier pas a été fait dans le bon sens !
Source : “Le Monde” daté du dimanche 22 – lundi 23 février 2009