Morceaux de patrimoine rhônalpin – première partie.

Voilà un article qui était resté en suspens pendant très longtemps (un an, en fait), en attendant que je rédige la deuxième partie. Mais je le publie quand même, et la deuxième partie viendra plus tard…

Mon stage de l’année dernière m’a donné pas mal à voir, de quartiers (comme les Minguettes ou le Carré de Soie), voire de villes que je ne connaissais pas du tout (comme Grenoble). Et c’est tant mieux.

Deux endroits qui valent le coup qu’on raconte leur histoire.

L’usine TASE, bien que méconnue de mes amis 100% pur lyonnais, est pourtant farouchement protégée de la démolition par ses riverains, et par Robins des Villes (là où j’ai fait mon stage, pour ceux qui ne suivent pas).

C’est une ancienne usine d’engrais chimiques (me semble-t’il), datant du début du siècle, appartenant à une des plus riches familles de Lyon (enfin, qui appartenait) et incroyablement gigantesque. Elle fait la superficie d’un village, si on compte les quartiers résidentiels tout autour, entièrement construits avec elle et pour ses ouvriers (dont une cité jardin qui vaut le détour à elle toute seule). C’est gigantesque.

Après une première visite de l’extérieur du quartier, nous avons, quelques téméraires et moi-même, pénétré à l’intérieur de l’usine.

C’est encore plus grand. Et c’est une vraie friche artistique.

Pour la petite histoire : pourquoi faut-il protéger cette usine ? Parce que c’est un (gros) morceau du patrimoine de Vaulx-en-Velin, mais aussi de toute l’agglomération lyonnaise, que c’est un bâtiment, bien que délabré, tout à fait magnifique, qui mérite d’être conservé. Parce que, déjà détruit à moitié, le propriétaire, gros promoteur immobilier de son état (Bowfonds Marignan, pour les connaisseurs, qui a racheté quasiment toute l’usine en un seul lot à… Partouche, gros bonnet local, gérant essentiellement des casinos), souhaite détruire quasiment tout le reste pour construire des immeubles d’habitation et de bureau dans ce quartier en pleine restructuration.

Parce qu’on ne sait pas, avec un tel projet, ce qu’il adviendrait de la cité qui va avec l’usine, et qui, je le disais tout à l’heure, vaut le détour à elle toute seule.

Parce que les locaux présentent des caractéristiques qui les rendent tout à fait adaptés pour une réhabilitation dans n’importe quel domaine, et surtout dans plein de domaines à la fois. Les volumes sont extrêmement intéressants, et il y aurait de quoi y installer des bureaux (comme l’a fait la SCI La Soie, propriétaire d’une des ailes de l’usine, toujours en activité, occupée par une soierie, notamment), des installations artistiques, des aménagements pour le grand public, des logements, …

Aujourd’hui, le bâtiment est très fortement menacé. Les dernières activités de l’aile restante de la partie de Bowfonds Marignan ont cessé il y a quelques temps. Depuis, 7 (!) incendies ont eu lieu dans le bâtiment, fragilisant -forcément- la structure. Quelle surprise.

De plus, la quasi-intégralité des poteaux de soutènement ont été dénudés jusqu’à leur base en métal, pour qu’ils s’affaiblissent. Le promoteur n’a plus qu’à attendre que le bâtiment s’écroule…

Un recours a été déposé, pour classer le bâtiment. Ce n’est peut-être pas la meilleure solution, mais c’est quasiment la seule possibilité pour protéger le bâtiment. A voir, vu les délais, s’il ne se sera pas écroulé avant que la décision ne soit rendue…

Pour l’anecdote, les prisons de Perrache sont dans la même expectative, ne sachant pas réellement quel sera leur sort. Deux prisons construites au XIXème siècle et qui présentent un intérêt architectural certain, mais que l’Etat vend plus de 20M€, prix dément vu leur état de délabrement avancé (elles viennent juste de perdre leur titre de prisons les plus insalubres de France, avec leur fermeture il y a un mois). Pourtant, il y aurait de beaux projets : extensions des campus des Quais des Universités, … mais il n’y a autant d’argent que chez les promoteurs (rappelons qu’à côté, c’est la Confluence, quartier en création complète, à très très forte valeur ajoutée), qui n’attendent que de les détruire… Même si leur sort semble assuré au niveau de la conservation, qui sait ce qui en sera effectivement fait. Lyon 3 paraissait intéressé, mais les prix sont assez prohibitifs.

Et que dire de l’Hôtel-Dieu, symbôle lyonnais parmi les plus prestigieux, recyclé en… simple hôtel de luxe ? Espérons que les -nombreux- projets alternatifs, y compris ceux de politiques ayant une certaine influence, fassent leurs petits bonhommes de chemins !

 

L’autre histoire que je veux vous raconter attendra un deuxième billet, vu la longueur de celui-ci ! Je vous parlerais donc du Quartier de la Villeneuve de Grenoble. A venir dans les prochaines semaines.

2 commentaires pour “Morceaux de patrimoine rhônalpin – première partie.”

  1. Hola,

    TASE
    Textile Artificielle du Sud Est
    pas d’engrais chimiques chez les Gillet.

    Pour plus d’infos
    http://soietase.blogspot.com/

    a plus

  2. Oui effectivement, merci beaucoup pour la précision ! Je ne me rappelle jamais de cet acronyme :)

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