Humiliation et crustacés

Je suis ecœuré. Ecœuré par tant de mauvaise foi, de bêtise, et surtout tant de manipulation et de condescendance.

Humiliation ultime, Pécresse (le crustacé), après avoir royalement snobbé le mouvement étudiant en l’ignorant (annonces d’argent supplémentaire pour rénover certains campus : rien à voir ! ou comment détourner le débat), annonce, à l’heure du début de pourrissement du mouvement (forcément, au bout de 4 mois…) qu’elle est prête à « aider la petite dizaine d’universités encore bloquées » à organiser la fin du semestre.

Humiliation de la part de ce gouvernement, si fier de lui.

Refuser tout dialogue et imposer des mesures que l’immense majorité des gens réprouvent, humilier les personnes concernées (ça c’est sarko). Sadisme ultime face à une mobilisation tristement vaine, tant le gouvernement ne montre ni raison, ni pitié, ni aucun autre sentiment humain.

Mais, pardon, je ne parle que pour l’éducation, bien sûr. Pas la médecine : ça, c’est important. Et puis, il y a de l’argent et des vies en jeu. Alors, réformer et casser le mouvement, oui, mais on n’envoie pas les CRS à leurs manifs (alors que contre les étudiants, c’est un plaisir), et on ne les humilie pas en conférence de presse.

Des réformes qui s’enchainent, d’années en années… « Ouais vous êtes vraiment chiant, un mouvement par an, vous tuez l’université au lieu de la sauver ! » : oui et non. C’est un fait incontestable, en effet, que les mouvements s’enchainent. Mais à qui la faute ? Ou plutôt, à qui la responsabilité (puisque quelque chose de délibéré à ce point n’est même plus une « faute ») ? Je pencherais plutôt du côté du gouvernement, qui asphyxie l’université en la tranformant à outrance, plutôt que du côté des étudiants qui font ce qu’ils peuvent pour sauver un idéal. Même s’ils ne s’y prennent pas toujours très bien, voire même plutôt mal.

Des réformes sont probablement nécessaires. Le débat n’est même pas là. Pour survivre, l’université doit s’adapter et se transformer. Mais pas dans l’humiliation de réformes imposées, et troquant un idéal de formation et d’élévation intellectuelle de tous contre une logique de rentabilité toute libérale. C’est le même souci dans la médecine. Notre président libéralise à tout va (et à tout prix), en utilisant une technique simple, mais simple … : on pourrit l’élément à détruire, via des baisses drastiques de financement, etc. Puis, comme le service public ne fonctionne plus : « oh bah le peuple en a marre que ça ne fonctionne pas : réformons. » Mal, de préférence.

Et même si certains abusent du système (comme toujours), est-ce une raison pour retirer la possibilité d’étudier pour tous ?

Non au démantèlement du service public. Non au libéralisme à outrance.
La concurrence n’est pas toujours positive, surtout quand elle se base sur un postulat de départ faux (l’université et les gens qui y travaillent ne seraient pas efficaces). Et surtout dans ces domaines sensibles. Ni dans l’aide aux étrangers en situation irrégulière, mais c’est une autre histoire…

2 commentaires pour “Humiliation et crustacés”

  1. Crustacé?

  2. Oui bon, en fait, c’était parti pour s’appeler « condescendance et crustacé », et ça sonnait comme « coquillage et crustacé ». Mais j’ai changé le mot, et pas le titre. Boarf, ça permet une petite touche d’humour…
    C’est tout ce que t’as à dire sur cet article, toi ? :p

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