[edit] Oui, mais non. On aime le millefeuille chez les politiques.
[edit du 05/03/09] Il semblerait que Balladur, qui présidait au comité sur la réforme des Collectivités Territoriales, soit revenu sur l’idée de grandes métropoles, « sur les conseils de Pierre Mauroy », pour la version finale dudit rapport, remis aujourd’hui à Sarko. Autre bonne idée mise de côté, cette fois par Sarko : le Grand Paris.
Que reste-t-il à cette réforme voulue volontairement par Sarko (pour une fois qu’il a une bonne idée, malgré des intentions que l’on ne maîtrise pas toujours) ? Rien. La commune, échelon dépassé depuis quelques temps déjà (re)devient la référence, …
Enfin. On va dire que ça partait d’une bonne intention (réduire le nombre d’échelles territoriales) ! Fallait pas rêver non plus… Chacun craint pour ses intérêts, et comme d’hab, l’intérêt général, on s’en fout. Pour une fois… La seule réforme utile et pertinente qu’il aurait pu faire (même si cela n’aurait apparemment pas permis d’économiser tant de sous que ça), les seuls a évoquer un juste argument sont ceux qui disent que Sarko fait ça pour casser la gauche, forte au niveau local. Mais bon. On fera jamais rien pour ces pauvres CT alors ! De toutes façons l’État ne donne quasiment plus d’argent, donc pas de risque de volonté de diminuer les subventions ! Hahaha…
Snif.
[/edit]
[original du 25 février 2009]
Et ben, c’est pas encore ça. Le rapport Balladur sur la réforme des Collectivités Territoriales (CT) est enfin tombé. Alors oui, c’est une bonne diversion pour Sarko (qui en a bien besoin en ce moment…), c’est une bonne manière de casser l’hégémonie de la gauche sur les CT, etc. Mais une réforme de l’organisation territoriale est tellement nécessaire…
Je dois préciser que j’en attendais beaucoup, je suis donc (forcément) déçu. J’aurais bien imaginé les grandes régions europénnes (qui elles, sont bien là), les Communautés de Communes (ou d’agglo) et l’Etat comme seuls échelons restants après cette réforme.
Mais non, les communes et départements, hérités d’un passé où une petite échelle était plus pertinente pour travailler, restent, fidèles au poste.
Nouveautés, donc, en plus de la proposition de réduire le nombre de régions (sous la pression de l’Europe) en France, on aurait une fusion d’une partie des postes de conseillers généraux et régionaux (!) qui deviendraient Conseillers Territoriaux ; un Grand Paris très attendu, mi département, mi Communauté d’agglo, regroupant Paris et la petite couronne (92, 93, 94) ; et, last but not least, huit “métropoles” aux compétences élargies (dont Lyon, Toulouse, Marseille, …), qui récupèreraient une partie des prérogatives départementales pour leurs territoires (notamment au niveau du social).
L’idée de créer des métropoles aux compétences élargies est une proposition inattendue (du moins pour moi) mais qui me parait assez bonne.
Bien entendu, et comme toujours, pour qu’une telle réforme passe bien et qu’elle soit efficace, il faut que ce ne soit pas qu’une manière pour l’Etat (comme cela a toujours été le cas jusqu’à présent) de payer moins tout en déléguant plus aux CT, les poussant à l’endettement (et les rendant d’autant plus sensibles à la crise…) !
Avec des moyens cohérents avec les missions et une politique volontariste de la part du gouvernement (ce qu’ils feront probablement pour détourner l’attention de la crise économique, avec la complicité involontaire de l’opposition, qui dénonce une telle réforme), c’est un premier pas, dans un sens. Le bon ? Voir.
En tout cas, les communes et départements restent là. Autrement dit, le problème de l’éclatement des compétences n’est pas réglé. On promet que les attributions devraient être réparties de façon claire entre département et région, mais la situation ne changera pas. C’était déjà censé être comme ça, et il s’est avéré que département et région investissaient (et c’est tant mieux, d’un certain sens) indifféremment et là où c’était nécessaire, point à la ligne. Quitte à se recouper parfois. Donc le problème n’est toujours pas réglé. Un pas en avant, deux pas en arrière…
Oui oui, vous n’avez pas rêvé, j’ai presque dit du bien du gouvernement. Je dois bien reconnaître que je suis tout à fait partisan d’une réorganisation en profondeur du territoire, mais cela heurte, et c’est bien légitime, l’opposition qui se voit réduite le champ d’action sur lequel elle dominait largement : les collectivités territoriales. Mais bon, la prochaine fois, on les retrouve au gouvernement ?! (Comment ça, “et avec qui” ?).