Fréquence d’enterrement

Entendu ce matin dans le bus, à la radio écoutée par le chauffeur : matinale spéciale « posez vos questions sur les enterrements » !

Ou quelque chose du genre. En tout cas, une femme se demandait très sérieusement si, une fois incinérée, ses cendres pourraient être dispersées par ses enfants dans le cercueil de son mari. Et l’intervenante présente de lui répondre très sérieusement  » la loi l’interdit maintenant, mais l’urne pourra être posée sur le cercueil. -Oui mais je ne suis pas riche, mon urne sera en plastique et peu solide… -Il n’y a pas de raisons madame! »

Auditrice suivante : « où est-ce que mes cendres devront être dispersées ? »

Là, mon arrêt. Ouf.

C’est la crise, mes amis : on parle de crémation au réveil, c’est un signe !

Il neige !

Alors que l’on voit les derniers flocons agoniser à l’ombre des forêts, en voici quelques uns qui ne fondront pas de sitôt ! Photo prise sur l’installation de Superflux sur l’Ilôt d’Amaranthe pour la fête des Lumières de Lyon 2007.

Alors, retour en 29 ou pas ? Des nouvelles de la crise !

C’est un débat important depuis le début de la crise : doit-on craindre le spectre de 1929 ou non ? Comme nous le rappelle Pierre-Antoine Delhommais dans Le Monde daté du dimanche 22 – lundi 23 février 2009, ce débat faisait au début bien rire. Mais finalement… Même si les conséquences n’en seront probablement pas les mêmes (du moins peut-on l’espérer…) en terme de montée de l’antisémitisme et de xénophobie, la crise actuelle se prête à la comparaison par de nombreux aspects !

“Cette crise déroule tous les chapitres d’un manuel d’économie. Prenons garde à ce qu’elle ne déroule pas aussi tous ceux d’un manuel d’histoire…“

Henri Guaino, conseiller spécial de Sarko

C’est peut-être la première fois que je cite quelqu’un du gouvernement, mais cette phrase est tellement adaptée que s’en priver serait un tort. Ainsi donc, cette crise se profile mal. Petite piqûre de rappel en dernière page du monde : les Etats-Unis n’avaient, à l’époque, touché le fond de la crise qu’en 1933… Soyons donc prudents pour l’avenir !

Malgré le fait que cette crise aurait dû (et finira peut-être par) être LE moment pour relancer l’économie avec comme nouveaux principes l’éthique, l’environnement, etc., le parti pris par beaucoup aura été de reprendre les mêmes et de recommencer… Soutien financier massif aux banques, et tutti quanti.

Cette crise, plus financière qu’économique, comme l’explique Saskia Sassen (toujours Le Monde des 22/23 février) dans son article (qui porte bien son nom) “Vive l’économie réelle !“  est assez mal gérée par les politiques. Sassen préconise une relance par les grands travaux (réhabilitation, rénovations, etc.), chantiers qui demandent beaucoup de main-d’œuvre. Technique assez classique dans l’histoire de l’économie mais totalement ignorée par les gouvernements actuels (à part peut-être la Chine…). Aux Etats-Unis, où la crise a touché directement la population et pas seulement les sphères financières comme c’est le cas la plupart du temps, de telles politiques seraient les bienvenues… “En 2008 aux Etats-Unis, ce sont en moyenne 10 000 propriétaires qui, chaque jour, ont vu leur logement saisi“, nous remémore Sassen.

Une crise plus financière qu’économique, dans le sens où les montants et les mécanismes en jeu dépassent de -très- loin ce que l’on rencontre dans l’”économie réelle”, celle des industries, des ménages, des Etats. De pures spéculations financières, dont les montants ont atteints des sommes littéralement astronomiques : l’encours des produits financiers dérivés a atteint la somme de 600 000 milliards de dollars ! Soit environ 14 fois la somme des PIB de tous les pays du monde !

“Voilà qui suffit à plonger dans la panique toute personne sensée” (Saskia Sassen)

Des sommes plus réalistes (des milliards et non des centaines de milliers de milliards) “suffiraient” à redresser l’économie à partir de la population. Une relance par la consommation basique.

Ce serait toujours mieux qu’engloutir des centaines de milliards dans un système pourri de l’intérieur…

La PAC moins oPAC !

Ca y est, la Politique Agricole Commune, symbole européen s’il en est, change. Enfin ! Devrait-on dire. Malgré les réticences très fortes des céréaliers embourgeoisés (notamment de la plaine beauceronne, mon berceau, que dis-je, ma terre natale…), la PAC est maintenant transparente. Dans une certaine mesure.

Disons qu’au moins, on sait quelle exploitation touche quoi. On ne sait pas encore QUI touche quoi. Mais ça viendra, ça viendra… C’est déjà énorme. Une mini-révolution.

Qui ne vient d’ailleurs pas seule : la PAC est maintenant en partie redistribuée. Moins pour les céréaliers (qui seront en contrepartie indemnisés en cas de retournement du marché) et plus pour les éleveurs, les petites exploitations et le “bio”.

J’en connais qui vont être content ! Il est enfin reconnu que cette agriculture extensive, qui tuait littéralement les petites exploitations et, de facto, était également néfaste, plus ou moins directement, pour l’environnement, et qui n’avait pour seul bénéfice d’avoir des surplus totalement considérables (et des inégalités entre agriculteurs plus que flagrantes) n’est plus d’actualité… Même à demi-mots, c’est une évolution bienvenue. L’agriculture française, ou du moins les politiques agricoles françaises, s’étaient enfoncé dans une logique productiviste et conservatiste (bien que progressiste à l’époque, mais dans le mauvais sens du terme) du plus mauvais effet.

Ce n’est peut-être pas encore assez pour arriver à une agriculture saine dans tout les sens du terme (équitable et juste pour les agriculteurs, respectueuse des terroirs et de l’environnement, et qualitativement supérieure), mais c’est un premier pas. La France a encore fort à faire dans le domaine de l’agriculture, mais, contrairement à d’habitude, le premier pas a été fait dans le bon sens !

Source : “Le Monde” daté du dimanche 22 – lundi 23 février 2009