Ca grogne à la fac (et à juste titre)
Ca grogne à la fac.
Ca fait déjà quelques mois. Une tentative avortée de blocage quelque part en France… A Lyon 2, ça bouillonne. Les AG s’enchaînent depuis maintenant quelques semaines. La rentrée du deuxième semestre approche.
Qu’en sera-t’il ?
L’IEP de Lyon attend la rentrée de Lyon 2 pour se mettre en grève. Oui, les profs de l’IEP. Vous avez bien lu.
Les profs de Lyon 2 font eux aussi la grève à la rentrée. Une semaine pour commencer. On verra pour la suite : mais une chose est sûre, ça chauffe. Pour de bon. Tout le monde s’y met. Tremblez, grands de ce pays. Et évitez d’envoyer trop les CRS, ça finirait par faire mauvais genre.
La CPU râle. Non, ce n’est pas (que) de l’informatique : la CPU, c’est la Conférence des Présidents d’Universités. Institution vénérable parmi les vénérables, dont j’avais rencontré un très sympathique membre cet été grâce à l’AFEV.
Les bibliothécaires râlent. Si, si. Les bibliothécaires. Les étudiants se mobilisent (mais bon, ça, c’est pas nouveau). Les profs s’inquiètent.
Encore une fois, je ne peux que citer ce plus qu’excellent blog, qui, avec un cynisme et une désillusion teintée d’utopisme qui me plaît pardessus tout, suit -entre autres- le monde universitaire, et ses tremblements, de près : affordance.
Et tout particulièrement sa série « feu au poudre » (pour l’instant 1, 2, 3, 4 épisodes.). Inutile de répéter ici ce qui y est dit, c’est déjà tellement bien écrit.
Peut-être que les choses vont changer. Peut-être qu’un jour, les gens comprendront. Trop de réformes tue l’Université. Les politiques au pouvoir n’ont rien compris aux vraies problématiques de l’Université et de la Recherche. Encore une fois, ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nombril.
Les gens méprisent la recherche, crachent sur l’Université. Tous des glandeurs, blablabla. Le gouvernement (peut-on encore appeler cela ainsi ?!) joue sur la corde sensible : celle de la bourse. C’est une mise à mort programmée du système de recherche et d’éducation public français. Je ne parle pas de conspiration, non. Simplement, regardons les choses en face. Les budgets réduisent, les conditions sont de plus en plus difficiles. Alors les enseignants, les étudiants (et les lycéens aussi) râlent. Ca en devient violent parfois. Alors le bon peuple, celui qui vote Sarko et regarde TF1, et même les autres, d’ailleurs, pour peu que leur ouverture d’esprit soit aussi large que la taille de notre omni-président, se disent : « oh y’en a marre : ils râlent tout le temps, alors qu’ils ne glandent rien » (préjugé largement répandus sur les fonctionnaires en général et tout particulièrement ceux de l’Education Nationale, et même du côté des ministres… Cf Darcos et sa sortie sur les profs de maternelle)
Alors, hop, là, on frappe un grand coup : on coupe les vivres, quasiment. On les laisse agoniser, on restructure l’Université, les lycées, les profs, toussa. On contractualise, on contrôle, on privatise (ou presque). Alors le monde de l’éducation s’offusque. Mais le bcon peuple, lui, est content. « Bah ça ne sert à rien qu’ils aient du fric, de toutes façons, ils ne servent à rien ». Belle vision de la recherche théorique. Et de l’Université.
Je rencontrais il y a quelques temps, lors de l’occupation de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) par des chercheurs et doctorants, inquiets (à juste titre) de la disparition réorganisation du CNRS. Contrôlés, moins financés, soumis à la loi de l’efficacité et du rendement pour les Sciences dites « dures » (Physique, …), et… disparition pure et simple pour les Sciences Humaines et Sociales ? Déjà qu’elles ont toujours été méprisées…
Rêvons d’un monde meilleur, ensemble.
Encore une fois, le gouvernement joue la carte de l’épuisement et de la surinformation. Une réforme par jour. Comment suivre, comment prendre son rôle de citoyen au sérieux, comment pouvoir assimiler tant d’informations ? A peine le temps de réaliser de la stupidité d’une mesure, en voici une autre qui arrive. De préférence, après une mesure très difficile à faire passer, hop, on sort une réforme débile sur laquelle on va beaucoup, beaucoup communiquer. Et ils voudraient maintenant boucler l’opposition ?
Enfin bref, la politique, c’est pour plus tard.
Ce qui est sûr, c’est que, comme l’a dit une députée socialiste à M. Lefebvre, que j’exècre peut-être encore plus que Copé, si c’est possible : « vous avez méprisé la loi, la loi elle se fera dans la rue, il faudra pas venir pleurer ». Le PS remonterait presque dans mon estime. Bon, même si dans le sujet qui nous intéresse, c’est pas la loi qui est méprisée, mais bien le monde universitaire tout entier. Ce qui est peut-être pire.
Bien sûr, je vous tiendrais au courant de ce qui se passe. En espérant que le monde change, un jour. En bien.


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