S’il s’agit d’un dénouement, c’est bien d’un dénouement tragique dont il s’agit…
En effet, dans le nuit de mercredi à jeudi, les policiers sont intervenus sur le campus de Bron pour arrêter 13 personnes (non je ne dis pas étudiants) selon mes sources.
Voici la version officielle:
Mercredi 28 novembre vers 18h45, un groupe de personnes a pénétré dans le supermarché Leader Price de Bron proche de la station de tramway Rebufer. Après avoir rempli au moins cinq caddies d’aliments et de boissons, ces personnes, aidées d’un second groupe venu les assister, ont passé les caisses en force. Le gérant et un gardien ont été molestés en tentant de s’interposer. Ces individus, au nombre d’une cinquantaine, se sont ensuite réfugiés dans le bâtiment K du Campus Porte des Alpes de l’Université Lumière Lyon 2.
L’Université est un lieu d’enseignement, de recherche et de débat, et non un lieu de recel de biens volés. Il est déplorable de constater des comportements relevant de délits de droit commun contraires à l’honneur de l’Université. C’est la raison pour laquelle la présidence de l’Université a requis l’intervention des forces de l’ordre.
Cette intervention s’est déroulée dans le calme. Des personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête sur le vol. La police poursuit ses investigations.
Il s’agirait a priori de personnes qui seraient allé à l’encontre de la décision des bloqueurs de ne pas procéder à une opération « supermarché gratuit », et qui donc se serait rendu au Leader Price dans ce but, mais auraient fini par ‘simplement’ le cambrioler.
Les personnes arrêtées par la police étaient apparemment précises et les policiers semblaient savoir exactement qui ils voulaient arrêter, de même leurs moyens étaient, semble-t’il, démesuré (il y aurait même eu un hélicoptère!).
Toujours est-il que tous les campus sont bel et bien fermés jusqu’à lundi matin.
Qu’adviendra-t’il lundi matin? Nul ne le sait. D’après les représentants des AG (voir ici) le mouvement ne devra pas s’arrêter, et la rumeur dit que le blocage serait prêt à durer jusqu’à Noël.
La Présidence aura pourtant sauté sur l’occasion pour abattre sa carte policière, solution supposée ‘ultime’ au blocage, mais apparemment rien n’y fait. Il est vrai que le Président de l’Université M. Journès et son vice-Président chargé des campus, M. Chvetzoff, ont perdu tous soutiens depuis leurs précédentes réactions aux évènements (voir les points actus #1, #2 et #3).
Cependant maintenant tout le monde semble perdre patience, et même les doyens d’UFR et certaines organisations qui soutenaient le mouvement semblent dire que le mouvement dure trop et que cela « remet en cause la valeur du diplôme » qui sera décerné à la fin de l’année. Le mouvement devrait continuer, selon eux, mais d’une manière qui permettra aux cours de reprendre.
Il est, à ce stade de la réflexion, important de noter que le mouvement national a déjà obtenu quelques concessions quant à l’application de la LRU.
Notamment :
1 – les bacheliers pourront continuer à s’inscrire dans la faculté de leur choix ;
2 – les frais d’inscription seront toujours fixés par l’Etat ;
3- il n’y aura pas d’augmentation des frais d’inscription ;
4 – la création d’un nouvel échelon de bourse.
(source)
Un petit tour vers le blog monté par la « commission information » des AG de Lyon 2 : http://lyon2-lru.blogs.courrierinternational.com/. Bien monté, assez posé et raisonné, il est assez intéressant à lire.
La Présidence, tentant de rétablir « la crédibilité de notre université », organisera un vote à bulletin secret réservé aux étudiants dans la journée du Lundi.
L’issue de ce vote sera probablement décisive, d’autant qu’il n’y aura là, pas possibilité de critiquer le moyen puisque le vote par bulletin secret est ce qui est demandé depuis bien longtemps par les grévistes (qui boycottent le vote après que l’université ait refusé ce même vote il y a une semaine, imposant le vote électronique dont j’ai déjà parlé).
Il est certain qu’au-delà de la forte probabilité de destitution du Président par le Conseil d’Administration, au-delà du mouvement anti-loi Pécresse, c’est clairement le semestre qui est en jeu… Et le résultat sera connu lundi soir!