Note : cet article étant le troisième d’une série, je vous invite à lire les deux précédents pour vous mettre dans l’ambiance. Cependant celui-ci est relativement indépendant des deux autres.
Toujours dans le cadre du mouvement anti-loi Pécresse, l’Université a eu l’excellente idée de faire quelque chose de complètement débile et condamnable (ce qui n’a pas manqué d’être fait d’ailleurs.).
Alors que l’Université est bloquée fermée administrativement depuis jeudi dernier (la campus de Bron aura quand même été bloqué de lundi à jeudi, mais fallait pas essayer de toucher aux Quais…), après le délogement d’une cinquantaine d’étudiants (qui s’opposant à la fermeture du campus pour pouvoir bloquer, s’étaient installés dans un amphi) par les CRS (tout à fait pacifiquement, cela dit), elle devrait reprendre son fonctionnement normal d’ici lundi.
Alors, pourquoi cela? Qu’est-ce qui explique ce revirement de situation? Tous les militants de Lyon 2 se sont fait massacrés? Que nenni.
L’Université a eu la brillante idée d’organiser un vote.
Jusque là, tout va bien.
C’est après que ça se complique.
Premier point : il s’agissait d’un vote électronique. Chaque étudiant devait se connecter à son BV (bureau virtuel, sur lequel on a accès à des ressources en ligne, son mail, etc…), puis aller voter dans un espace dédié.
Bien sûr, cela permettait de s’assurer que seul les étudiants de Lyon 2 allait voter ( y compris ceux en Erasmus ou autre, et qui n’en ont rien à faire de ce qui se passe là, mais bon…). Mais cela permet aussi à la présidence d’avoir un total contrôle sur les résultats (malgré la présence officielle d’un huissier à la « constatation des résultats »). En effet, l’application utilisée pour le vote est une plate-forme de cours, complètement configurable et donc complètement modifiable.
Rien que cela devrait suffire à boycotter ce vote (appel lancé par les syndicats étudiants, la coordination étudiante, et même la plupart des UFR), ce n’est pas tout.
Second point : la question!
Elle n’était en rien » pour ou contre la loi » (ne pas prendre position, surtout), ni même « pour ou contre le blocage ».
Non, elle était tout simplement :
« Souhaitez-vous reprendre les cours à partir du jeudi 22 novembre »
Oui / Non / Abstention
Ou comment se donner toutes les chances d’un vote favorable… Il est évident qu’à part quelques uns, le blocage n’a pas pour but de ne pas avoir cours mais d’attirer l’attention sur le mouvement… Dans le principe, même une majorité des bloqueurs auraient voté oui… Ou comment faire passer les bloqueurs pour des gros glandeurs, aussi. Comme si c’était de tout repos d’organiser un blocage : com’ bouffe (va cuisiner pour plus de 100 personnes sur une réchaud à gaz), sécurité, …
Malgré tout, la participation a été supérieure à celle aux élections étudiantes (5% de participation… Presque pathétique!). Ci-dessous, les résultats.

cliquez-moi!
Et bien sur, l’Université, forte de ses ces résultats, a rouvert les locaux progressivement selon chaque UFR (chaque fac, quoi). Sans compter que le blocage a du coup été revoté jusqu’à jeudi prochain… Mais ça, c’est une autre histoire qui ne s’écrira qu’à partir de la semaine prochaine!